vendredi 12 février 2010

Compte rendu des 3e Assises de l'Intelligence Economique

Le thème de ces 3e Assisses de l'Intelligence Economique était "Quels profils pour quels besoins ?" (1). En attendant le compte-rendu officiel de l'IGPDE, nous pouvons d'ores et déjà dégager deux points essentiels de ces Assisses. Le premier, positif, est que l'IE a trouvé sa place en tant que politique publique. Tant l'Etat que les entreprises commencent à lui accorder l'intérêt qu'elle mérite. Le second point est moins enthousiaste, nous constatons en effet que nos entreprises assimilent encore trop souvent l'intelligence économique à de la veille, l'étendant quelques fois à la protection des informations. Les dimensions d'anticipation et d'influence sont les grandes oubliées de ces Assises.

La première table ronde a insisté sur le fait que le système de formation à l'IE doit être axé sur la maîtrise de l'information, les étudiants devant être capable de délivrer une information analysée avec pertinence et non seulement des données brutes.

La deuxième table ronde a, quant à elle, souligné que l'IE ne constitue pas une discipline à part entière, et qu'elle doit par conséquent se greffer sur une formation initiale reconnue. La nécessité d'arrêter d'opposer outils et méthodes a été à juste titre mentionnée, puisque celles-ci découlent de l'utilisation de ceux-là, qui varient en fonction des premières. Certains conseils (dont le bon sens n'est pas remis en cause mais qui demeurent cependant réducteurs) ont également été évoquée pour améliorer la formation en IE : travailler à partir de cas réels mettant en évidence les causes d'échecs (nous ajouterons d'ailleurs les causes de réussites) du développement des entreprises, développer des processus de collecte, d'analyse et d'interprétation des informations capables de s'intégrer aux entreprises, et travailler sur le savoir-être lors d'exercices de mise en situation afin de privilégier le travail collaboratif.

La troisième table ronde a témoigné du manque de crédit qu'accordent les entreprises aux formations en intelligence économique, nous permettant clairement de constater que les jeunes diplômés en intelligence économique (IE) demeurent cantonnés à des tâches de veille. Les intervenants ont également mis en exergue l'importance de certaines qualités humaines que possèdent (ou à défaut devraient posséder) les jeunes diplômés en IE, telles que l'éthique, l'intégrité et l'empathie.

Enfin la quatrième table ronde a rappelé le rôle essentiel des ressources humaines dans l'intégration des diplômés en IE ; il faut identifier les profils des candidats à l'embauche et traduire les réflexions stratégiques de l'entreprise dans un référentiel pour l'emploi, de manière à établir une politique de ressources humaines efficace. Il faut par conséquent sensibiliser les dirigeants des entreprises à l'IE afin de leur permettre de mieux cerner ce que peuvent leur apporter les diplômés de cette discipline en termes d'avantage concurrentiel et de compétitivité. En fin de compte il a semblé difficile pour les intervenants de nous faire partager une conception commune de ce qu'est et ce que permet un diplômé en IE, ce qui est d'autant plus dommage que le Mastère spécialisé Intelligence Economique et Management des Connaissances de SKEMA Business School (ESC Lille et CERAM) a quant à lui une conception clairement définie du sujet et délivre de jeunes diplômés en avance sur le marché.

Le constat est sans appel : il existe une véritable demande en IE mais celle-ci manque encore de maturité. Néanmoins, et comme en témoigne le nombre en forte augmentation de participants à ces assises, nous sommes sur la bonne voie, et la France réalise de réels progrès en la matière. Il est cependant dommage que ces Assises n'aient pas été davantage médiatisées. Attendons la parution du compte-rendu officiel en espérant qu'il sera remédié à cet écueil. Quoi qu'il en soit il faut continuer à promouvoir cette discipline, encore jeune en France, mais pourtant indispensable pour assurer la compétitivité de nos entreprises, petites et grandes, dans un contexte aujourd'hui international.

(1) Site de l'IGPDE

Aline Goletto

jeudi 11 février 2010

MS Intelligence Economique et Management des Connaissances au salon SMBG

Aux 3èmes Assises pour la Formation en intelligence économique (IE) tenues le 14 décembre dernier au ministère de l’Économie et des Finances à Bercy, nos étudiants du Mastère Spécialisé Intelligence Economique et Management des Connaissances de SKEMA Business School, invités à participer et à rédiger des synthèses des tables rondes, ont été frappés par un paradoxe : l’extrême besoin d’IE manifesté par les employeurs présents et leur méconnaissance des formations existantes (update 12 février: voir le compte rendu sur le blog "intelligence économique et management des connaissances").

A SKEMA, nous avons constaté que les entreprises et organisations (fédérations professionnelles, services de l’Etat..) qui ont goûté à l’IE y reviennent toujours. Le besoin est donc là. Il faut aujourd’hui le faire s’exprimer. C’est pourquoi la Direction du MS entretient et développe ses relations avec les responsables économiques, au sein du nouveau pôle Intelligence Economique créé sur le Campus Paris. Par exemple, nos intervenants et partenaires comptent des représentants de secteurs économiques variés : pharmacie, aéronautique, luxe, assurances, agro-alimentaire, technologies de l’information… et des services de l’Etat compétents pour soutenir les entreprises. Par exemple aussi, nous travaillons avec les Conseillers du Commerce extérieur de la France, responsables d’entreprises tournés vers l’international en France et à l’étranger.

Notre but est de délivrer une formation complète, pertinente, indémodable, qui permettra à nos étudiants de valoriser leur formation pré-existante ou (plus difficile mais pas infaisable) de plonger directement dans le bouillon de l’IE !

Étudiants, cadres ou dirigeants, si vous êtes intéressés par la réalisation d'une formation de haut niveau en IE (formation labellisée par la Conférence des Grandes Écoles, avec sortie à Bac+6), n'hésitez pas à venir nous rendre visite au salon SMBG des meilleurs masters et 3e cycles, ce samedi 11 février 2010 à l'Espace Paris Est - Palais des Congrès - à Montreuil.

Claude Revel

Liens

mercredi 10 février 2010

L'intelligence des risques: soutien ou moteur de l'innovation? Repenser le principe de précaution

Le mardi 2 février 2010, François Ewald a présenté l'étude "Aux risques d'innover. Les entreprises face au principe de précaution" dans le cadre des réflexions du soir de l'institut Diderot.

Le principe de précaution, notion galvaudée, souvent mal comprise, fait actuellement l'objet d'une évaluation de sa mise en oeuvre par le Comité d'évaluation et de contrôle de l'Assemblée Nationale. Cette évaluation a été décidée par le Président Accoyer fin octobre 2009 et sera adoptée au cours du second trimestre 2010.

De ces débats, il apparaît, entre autres et à mon sens, plusieurs perspectives et interrogations aux entreprises pour mieux composer avec le principe de précaution à l'avenir:

1) Comme à la RATP, la première mesure à prendre par les entreprises peut être de créer un poste de risk manager, fonction largement absente des organigrammes, même des plus grandes entreprises du pays.

2) Plutôt que de travailler en réaction à la dénonciation des risques potentiels que la société voit en certains produits, agir plus en amont avant de mettre une innovation sur le marché et agir sur la perception des risques, leur acceptance par les citoyens, serait une possibilité pour intégrer de façon plus intelligente le principe de précaution.

3) François Ewald s'est montré assez critique envers le déplacement du pouvoir de décision vers les sciences humaines aux dépens des sciences dures, mais, au risque d'être utopique, un principe de précaution décomplexé n'implique-t-il pas que les innovations se fassent d'après l'observation des attentes de la société, dans une démarche bottom-up, plutôt que en "push" par les scientifiques comme c'est le cas des entreprises traditionnelles? C'est une autre façon de penser le business, certes, mais l'Humain serait au centre et le consensus serait plus présent.

Sources: Comité d'évaluation et de contrôle de l'Assemblée Nationale, voeux du Président Accoyer, Institut de l'entreprise.

François Vidal Castel

Pratiques de coopétition dans le secteur automobile

C’est parce que nous sommes dans un environnement économique mondialisé hyper compétitif que les notions de concurrence et de coopération sont à présent dépassées et qu’est apparu le concept de coopétition (Adam M Brandenburger et Barry J.Nalebuff 1996).

Dans le secteur automobile, les exemples de coopération entre constructeurs en compétition, c'est-à-dire de coopétition, ce sont multipliés avec succès depuis de nombreuses années : les Citroën Saxo apparue en 1996 avaient de nombreuses pièces mécaniques communes avec les Peugeot 106 de la même époque, on se souviendra aussi que la Seat Léon de 2000 fut présenté comme un clone de la Volkswagen Golf dont elle hérité du châssis et du moteur : c’était une golf recarrossé ! En 2010, les exemples de ce genre ce sont multiplier avec succès, le groupe Volkswagen étant à mon avis le meilleur exemple de coopétition entre marques appartenant au même groupe. Mais il faut aussi se souvenir de la société Sevel s.p.a conjointement créée par PSA Peugeot Citroën et Fiat Auto en 1978 : spécialisée dans la production de monospaces et d’utilitaires elle aura fait date dans le monde du secteur automobile en ce qui concerne la coopétition, un même véhicule (à 95 % identique) à été vendu sous 4 étiquettes différentes : Citroën Evasion + Peugeot 806 + Fiat Ulysse + Lancia Zeta.

En fait cette coopétition du secteur automobile au sens large à plusieurs facettes. En effet, lorsque l’on parle de développement produit, c’est verticalement qu’il y coopétition : les manufacturiers d’équipement d’origine peuvent travailler ensemble avec le même fournisseur tout en ayant des projets de développent produits différents car ceux-ci sont développés séparément d’un point de vu organisationnel. Lorsqu’un fournisseur travaille en même temps pour différents manufacturiers d’origine, le travail s’effectue en « chambres séparées » ce qui permet non seulement de protéger le droit de propriété intellectuelle des parties mais aussi de créer des solutions spécifique pour chacun des manufacturiers d’équipement d’origine. Il faut garder à l’esprit qu’en même temps les manufacturiers contribuent au développement d’un cœur de compétence chez le sous traitant en question notamment parce qu’ils permettent à certaines informations des projets de « transpirer » vers la base de donnés du sous traitant. Dans ce cas précis la coopétition est avantageuse pour les deux partis.

En termes stratégiques, la finalité de la coopétition est de faire progresser sa position concurrentielle au sein de son secteur (ici l’automobile) d’affaire à travers ce qu’il est convenu d’appeler des partenariats : on parle bien ici d’un avantage concurrentiel qui est sensé être durable. Selon Moore (1996) l’automobile est un des écosystèmes d’affaires privilégié de coopétition et ceci est lié aux évolutions récentes de l’information : la « coévolution » est devenue une nécessité pour pouvoir évoluer sous la forme d’une communauté stratégique. Aussi, si l’on se réfère à Guegen et Torrès et leurs points d’identification des caractéristiques des écosystèmes d’affaires, Volkswagen AG (Volkswagen, Audi, Seat, Skoda) est représentatif d’une coopétition qui à réussi et qui continue de réussir.

Gageons qu’à l’avenir les pratiques de coopétition du secteur automobile sont amenées à ce multiplier en ces temps de crise et de bouleversement du secteur qui profite malgré tout du fait que nous sommes à l’aire de l’économie de la connaissance, ce qui impacte directement les possibilités de coopétition.

Fabrice Maloney

Sources/en savoir plus:

L’iPhone va bientôt servir de billet de train

Une nouvelle application mobile est née: le développement de billets de train de la SNCF sur iPhone . Bientôt, nous pourrons voyager au sein du réseau SNCF sans billet et sans avoir à imprimer notre billet grâce à l'application "Horaires & Résa". Depuis novembre 2009, l'entreprise dispose d'une application iPhone " SNCF Direct" permettant de consulter les horaires.

"Nous lancerons fin février ou début mars 2010 une deuxième version de l'application pour iPhone. Il sera alors possible de réserver et d'acheter son billet de train en bénéficiant d'un plus grand nombre de tarifs. Mais surtout de recevoir un code-barres qui servira de billet de train", annonce Pierre Alzon, directeur général adjoint de voyage-sncf.com. "Il faudra présenter le code-barres au contrôleur et une pièce d'identité", ajoute le responsable du site de la filiale de la SNCF.

Par ailleurs, cette application devrait être applicable à d'autres mobiles. Néanmoins, l'iPhone lance chaque jour de nombreuses applications. Il se peut donc que cette nouvelle application passe inaperçue.

Cette application devrait répondre à la nouvelle tendance "écolo" des consommateurs puisque grâce à cette petite révolution, l'impression de papiers devrait diminuer sensiblement. Par ailleurs, aux dires de certains analystes l'iPhone emcombrerait les réseaux mobiles.

Une question se pose alors, devons-nous continuer d'utiliser l'iPhone qui réunit toutes les possibilités inimaginables grâce à des milliers d'applications ou devrions-nous développer de nouvelles technologies qui accèléreraient les flux d'informations (conversations mobiles mais aussi meilleur débit internet)? Quoiqu'il en soit la technologie a de nombreux progrès à faire pour améliorer le débit de flux d'information.

Corinne Da Silva

Sources:

mardi 9 février 2010

Internet, nouveau marché rémunérateur

Internet offre de nombreuses possibilités dont celle de miser sur des personnes. En effet, récemment, on a vu des internautes investir sur des artistes comme Grégoire. Ce chanteur ayant eu un succès considérable auprès du grand public, a été financé en partie par des internautes. Aujourd’hui, les internautes peuvent investir sur des films mais aussi, des sportifs.

MyMajorCompany créée deux ans auparavant est un site qui permet d'investir sur de jeunes talents de la chanson comme Grégoire. Le financement privé est en forte croissance. Récemment un site web tennis-angels.com a été créé. Ce site aide des joueurs de tennis qui stagnent dans les derniers rangs du classement qui n’ont pas assez de moyens pour la plupart pour pour financer leur préparation. Par ailleurs, suite au succès de MyMajorCompany, de nouvelles entreprises ont surfé sur le même créneau comme KissKiss BankBank.

Désormais, toute personne disposant de vingt euros minimum pourra parrainer un tennisman. Si le tennisman parrainé atteint la barre du top 100 du classement, la personne pourra gagner de l’argent dans certains cas, car les sponsors recevront chaque année 30% des gains en tournoi du sportif au cours de la période d’accompagnement.

Les fans de sport pourront ainsi devenir le parrain d'un tennisman pour un montant minimum de vingt euros. Un pari qui peut s'avérer payant si le jeune prodige franchit la barre du top 100 du classement. Car au cours de la période d'accompagnement, les sponsors recevront chaque année 30 % des gains en tournoi du sportif. De plus, les tennismans pourront se faire connaître du grand public.

Le nom tennis-angels.com nous renvoie vers les business Angels. Les Business Angels sont connus, notamment à la Silicon Valley. Les Business Angels sont de riches investisseurs privés qui investissent dans des start-up.

Autre filon, celui du financement privé sur internet des films. Ainsi, Touscoprod.com propose de financer des films. En échange, les internautes peuvent assister au tournage et donner leurs avis sur certaines décisions artistiques (casting, scènes, affiche, photos, etc.). Au bout de 3 ans, les internautes reçoivent 80% des bénéfices encaissés.

L’émergence de ces entreprises permet d’affirmer que nous allons vers un internet qui favorise les échanges monétaires. Internet devient petit à petit une autre alternative aux placements en bourse. L’internet s’avère être non seulement de plus en plus accessible à tous mais aussi, rémunérateur.

Corinne Da Silva

Sources :
  • tennis-angels.com
  • Article « L'internaute, un investisseur de plus en plus prisé » par Marion Brunet sur le lefigaro.fr (24/11/2009)

Google, une entreprise modèle en termes de Knowledge Management.

Le Knowledge Management appellé en français Gestion des Connaissances, est un ensemble de méthodes, des techniques et des initiatives favorisant le partage des connaissances.

Google est une entreprise innovante dont la moyenne d’âge des employés avoisine les 30 ans et provenant de plus de 40 nationalités différentes. Cette entreprise est un exemple en termes de diversité culturelle. Cette entreprise a su évoluer dans un contexte de mondialisation et par conséquent, très concurrentiel. Mais qu’est-ce qui explique le succès de cette entreprise ? Nous pouvons en partie répondre à cette question par l’utilisation du Knowledge Management au sein de cette entreprise qui lui permet d’innover considérablement.

Le Knowledge Management permet de favoriser le partage d’information au sein d’une structure. L’application du Knowledge Management au sein de Google se fait par divers canaux :
  • Open Space et confort des employés : Tout est fait pour que les informations, les idées émergent et soient partagées. Ainsi, l’Open Space favorise l’échange et le décor des pièces favorise l’émergence d’idées et tout ceci, dans une bonne ambiance générale.
  • Un univers "enfantin" : en effet, non seulement certains espaces sont renommés mais en plus, l’entreprise a instauré des rampes et des toboggans pour que les employés s’y sentent bien.
  • L’instauration à chaque étage d’une mini cafétéria offrant gratuitement des fruits frais, des gâteaux et des boissons. Par ailleurs, les employés peuvent prendre plusieurs pauses plus ou moins longues pour réfléchir à de nouvelles idées. De plus, les employés peuvent choisirent le type d’alimentation qu’il souhaite (brasserie, luxe, etc.)
  • La stratégie du bien-être de ses employés : choix du nombre et du type d’écran (PC, Mac, Linux), salle de jeux avec baby-foot, posters géants des Beatles, salles de massage, coiffeur (pour lesquels les employés doivent payer une petite somme), garderie pour les enfants, gym, sauna, pièces de relaxation avec musique douce et aquariums... Les employés peuvent même emmener leurs animaux domestiques.L’objectif principal de Google est d’innover «Tout est fait pour encourager les employés à rester dans l'entreprise», selon Mathias Gref. Il ajoute que «la philantropie de Google, ce sont des conneries. Bien entendu, nous cherchons à gagner de l'argent. Mais cet argent nous permet de nous concentrer sur l'innovation. La monétisation n'est jamais le but premier.»
Cette stratégie s’est avérée être payante puisqu’aujourd’hui, Google est utilisé par quasiment tous les internautes et l’entreprise est très innovante. Pour preuve, chaque jour, on peut voir de nouvelles fonctions de l’outil sur Google labs. Par ailleurs, la plupart des employés n’envisage pas de quitter l’entreprise.Cette entreprise est l’exemple quasi parfait en matière de Knowledge Management.

Corinne Da Silva

Sources/en savoir plus :

vendredi 22 janvier 2010

L'audit, porte d'entrée de l'IE dans l'entreprise

Comme en ont témoignées les 3e Assises de l'Intelligence Economique qui se sont déroulées au mois de décembre à Bercy, l'intelligence économique (IE) souffre encore de réductionnisme.

Bien souvent les entreprises y arrivent à la suite de difficultés qu'elles rencontrent. Or l'audit constitue une mesure de contrôle et d'expertise largement admise et sollicitée par les sociétés. Dès lors ne pourraient-ont pas essayer de préconiser la mise en place d'un système d'IE à la suite d'un audit demandé par l'entreprise? M. Bernard Besson et Jean-Claude Possin recommandent en effet de réaliser des audits d'IE afin d'aider les entreprises à régler leurs problèmes tout en leur démontrant l'intérêt de posséder un système d'IE fiable et complet dans le but d'anticiper de futurs désagréments (1).
Cet audit, construit autour de 26 critères, permet de rationaliser l'IE et de la présenter aux entreprises non plus comme une discipline souvent floue et parfois même sulfureuse, mais comme un véritable moyen d'optimiser le fonctionnement de la société. Il s'agira en effet de faire apparaître les points faibles du cycle de l'information afin d'adopter un comportement proactif sur les problèmes que ces déficiences pourraient causer.

    Les ONG, acteurs économiques d’influence mésestimés

    Une organisation non gouvernementale (ONG) est une organisation d'intérêt public qui ne relève ni d’un gouvernement ni d'une institution internationale. Une ONG est un acteur privé participant à un courant de pensée international porté par une institution internationale. Les ONG n'ont pas le statut de sujet de droit international et leurs activités rentrent dans le cadre de compétences de l’ECOSOC ¹.

    La légitimité des ONG repose sur leur autorité, celle-ci n’est pas fondée sur des bases juridiques mais sur des bases éthiques et morales. En effet les ONG sont réputées pour avoir une bonne connaissance du terrain et sont de plus les mieux acceptées sur celui-ci du fait de leur neutralité. La popularité des ONG vient du fait que les aspirations qu’elles soutiennent sont très répandues.

    Par ailleurs du fait de leur professionnalisme, elles sont accréditées de l’expertise reconnue des scientifiques. Mondialement représentées, elles ont un réseau d’influence international. Elles sont capables de faire capoter des négociations par leur pouvoir de mobilisation et de lobbying.
    Leurs missions est de sensibiliser et mobiliser le grand public aux importants débats de notre société (la sécurité alimentaire, le climat, la pénurie d’eau potable...). Les ONG ont fortement contribué à l'apparition de l’esprit citoyen ¹.

    Les ONG font beaucoup de lobbying auprès des instances de référence et sont aussi habilitées à faire des expertises et des interventions sur le terrain.
    Bien souvent, des institutions (entreprises ou associations) réalisent des partenariats avec des ONG pour mener des études d'intérêt privé ou non.
    Les collaborations peuvent se faire à plusieurs nivaux : le partenariat se met en place sous forme de veille, d’évaluation ou encore de concertation (mise en place de dialogue constructif).

    Ces organismes prennent de plus en plus part aux processus de développement économique et social des pays. Les ONG ont un rôle officieusement de contrôle des autres acteurs de l’économie (Etats, entreprises) en utilisant la technique du «naming & shaming»¹ Cependant, les lois et règlements des États concernant les ONG sont très divers et sont parfois susceptibles d’entraver leurs activités et leur croissance.

    Les ONG sont devenues acteurs à part entière du travail multilatéral, de la reconstruction et du développement à l’influence normative. Elles ont une forte capacité à créer des normes, ce qui a un impact direct sur la vie internationale. Ainsi l’impact des ONG sur les décisions et négociations internationales se fait de plus en plus sentir ¹.

    Le rôle de contre-pouvoir est assuré par les ONG d’où le risque de manipulation à des fins plus ou moins avouables. Il est donc nécessaire que les activités des ONG soient parfaitement transparentes.

    Les ONG sont devenues de véritables acteurs de la mondialisation : centres de réflexion, lieux de production d’idées, de normes et d’influence. Les entreprises devront donc apprendre à s'en faire des alliées et travailler en équipe afin que les normes qu'elles façonneront soient en leur faveur.

    Johanna Mimouni

    ¹.Revel, La Gouvernance mondiale à commencé, Ellipses Edition Marketing, 2006
    http://www.amazon.fr/gouvernance-mondiale-commenc%C3%A9-Acteurs-influences/dp/2729828478 (suggestion)

    Le Chili a fait son entrée dans l'OCDE

    Le lundi 11 janvier 2010, le ministre des finances chilien, M. Andrés Velasco, et le secrétaire général de l'Organisation pour la Coopération et le Développement Economiques (OCDE), M. Angel Gurría, ont signé un accord d'adhésion en présence de l'ex-présidente du Chili, Mme Michelle Bachelet.

    Le Chili deviendra ainsi le 31ème état membre de l'organisation, souvent qualifiée de "Club des pays riches" et crée à la fin de la Seconde guerre mondiale pour piloter la mise en œuvre du Plan Marshall. Il sera le premier pays d'Amérique du sud à en faire partie et à profiter de l'influence grandissante de cette organisation internationale.

    Rappelons brièvement comment l'influence de l'OCDE s'exprime.

    L'OCDE mène des études à la demande de ses états membres et publie des rapports accessibles au grand public sur les grandes questions liées à la globalisation, en particulier en matière de transparence. Elle propose dans ses publications des solutions et fait des préconisations.

    Les états membres de l'OCDE répondent à des impératifs communs et partagent des problématiques économiques et sociales. Le programme de l'OCDE sur l'avenir a pour mission d'identifier celles de long terme, jouant ainsi un rôle de think tank pour ces pays et participant à une certaine harmonisation politique.

    L'influence de l'OCDE relève de la "soft" law et s'exprime par la construction de normes, en matière de lutte contre la corruption et d'échange d'informations financières et fiscales pour favoriser la levée du secret bancaire par exemple.

    Par une récente réforme de son financement, les états membres de l'OCDE ont réaffirmé leur intention de s'appuyer sur l'organisation afin, notamment, d'étendre leur influence sur les pays non membres.

    Dès lors, que penser de l'adhésion du Chili ?

    Premièrement, le Chili pourrait servir de vitrine pour l'organisation dans une zone où le développement des gauches inquiète les pays libéraux. Le pays a notamment fait beaucoup d'efforts en matière de transparence financière, de lutte contre la corruption (noté 6,7 par l'indice de perception de Transparency International. La France est à 6,9) et de coopération internationale contre les différents trafic qui touchent l'Amérique du sud.

    Ensuite, l'OCDE pourrait ainsi avoir une meilleure connaissance des activités du MERCOSUR, organisation dont le Chili n'est pas membre mais associé.

    Les prochaines adhésions à l'organisation devraient être celles de l'Estonie, la Slovénie, la Russie et Israël.

    Sources: OCDE, Rapport d'étape de l'OCDE(pdf), Institut des Hautes Etudes de l'Amérique Latine, La Tribune, Transparency International

    François Vidal-Castel