mercredi 29 avril 2009

Les autorités europénnes de protection des données personnelles se prononcent sur les moteurs de recherche et la confidentialité des données

Début avril, les 27 Autorités européennes pour la protection des données personnelles - les équivalents de la CNIL (Comission Nationale de l'Informatique et des Libertés) française- regroupées au sein du G29 (ou Groupe « Article 29 »), ont adopté à l'unanimité un avis consultatif visant à préciser les règles et les recommandations s'appliquant aux moteurs de moteurs de recherche vis à vis de la protection des données personnelles des citoyens européens.

Le groupe de travail à commencer par préciser que la directive européenne 95/46, pour la protection des données à caractère personnelles - transposée en droit français au sein de la loi informatique et liberté - s'applique au moteur de recherche même si leur siège social se trouve en dehors de l'Union Européene. En effet comme le stipule l'article 5 de la loi informatique et liberté, à partir du moment où il y a "recourt à des moyens de traitement situés sur le territoire français" (serveurs, base de données ou encore de simples cookies stockées sur les ordinateurs des internautes) le moteur de recherche se trouve alors soumis aux droit français.

Le G29 préconise ensuite que les données recueillies par les moteurs de recherche (cookies, hitoriques des sites visités, adresse IP...etc.), lors des requêtes des internautes, ne soient pas sauvegardées plus de 6 mois. Celles-ci pouvant en effet révéler des informations sur les habitudes et les goûts des individus voir même sur leur vie privée. Le groupe de travail souligne qu'il est nécessaire de préserver "l'anonymat complet et irréversible des données conservées, afin qu'elles ne puissent plus être reliées à un internaute".

Enfin il rappelle que l'information et le consentement des internautes est nécessaire pour tout traitement sur les données recueillies à leur propos:
  • Les moteurs de recherche devront expliciter clairement par le billet d'un document porté à l'attention des utilisateurs (notice accessible sur la page d'accueil par exemple) quelles sont les traitements réalisés et les informations sauvegardées, informations sur lesquelles les individus auront un droit d'accès et de rectification.
  • A partir du moment où le moteur de recherche propose des services complémentaires (tel que la messagerie, le stockage en ligne, le blog, ou de profilage pour le compte de sociétés tierces), le consentement des utilisateurs sera nécessaire pour tout procédé visant à faire des corrélations entre les données issues de ces différents services.

Un certain nombre de moteurs de recherche, favorables au texte, ont dors et déjà annoncé des mesures. Ainsi Google a annoncé en premier qu’il limiterait de moitié le temps d’utilisation des données de ses utilisateurs, celui-ci passerait alors à 9 mois. Microsoft a lui annoncé qu’il était prêt à réduire ce délai à 6 mois à condition que ses concurrents adoptent le même comportement. Yahoo enfin s’est engagé à réduire ce délai à 3 mois mais l’effacement des données ne sera pas effectif, il les rendra juste anonyme.


Sources et liens:
Avis consultatif du Groupe 29 - Union Européenne
"Moteurs de recherche et vie privée : la CNIL salue les avancées sur la reduction de la durée de rétention des données" - CNIL
"Les « CNIL » européennes précisent les règles applicables aux moteurs de recherche"
- CNIL
"Le traitement des données à caractère personnel sur les internautes par les moteurs de recherche" - Journal du Net
"Yahoo rendra anonymes les données des internautes au-delà de trois mois » - Les actualités de 01Net du 18 décembre 2008" - 01.net

Pour plus d’information sur la protection des données rendez vous sur le site internet de la CNIL: http://www.cnil.fr/

Aina Raveloson

lundi 27 avril 2009

Google Similar Images

Google n'en finit pas de nous surprendre. Après avoir développé des moteurs de recherche spécialisés (codes informatiques, articles scientifiques), Google décide maintenant d'ajouter des fonctionnalités à son moteur de recherche Google Images. Dénommé Google Similar Images (GSI), Ce moteur, nouvelle génération permet comme son "ancêtre" de chercher une image, mais une fois notre choix fait, GSI nous propose de trouver des images similaires.


Que de temps gagné, merci Google.


Lien direct: GSI


Adrien Catella

vendredi 24 avril 2009

Préfecture de Franche-Comté: le guide des bonnes pratiques en matière d'intelligence économique

La Préfecture de région Franche-Comté vient d'éditer un guide de bonnes pratiques en matière d'intelligence économique. (pdf)

Vous y trouverez des recommandations sur "que faut-il protéger et comment se protéger?". Cinq grandes catégories de risques ont été recensées:
1. La sécurité physique de l'entreprise
2. La sécurité informatique
3. Le risque humain
4. La communication de l'entreprise
5. L'environnement économique et les partenaires de l'entreprise

Source:

Dalila Nemiri

mercredi 22 avril 2009

"Duplicity"...Julia Roberts & Clive Owen maîtres de l'intelligence économique ?!


C'est l'histoire de deux anciens agents secrets, lui ex MI6 et elle ex-CIA. Ils se rencontrent et démarre alors une petite intrigue amoureuse. C'est alors que l'on constate que ces deux anciens agents secrets ont en fait décidé de se reconvertir dans le privé. Ils trouvent deux postes dans deux firmes ultra concurrentes et commencent à monter une petite combine quant aux renseignements à fournir.
L'intrigue est sympathique ainsi que les acteurs, cependant ce qui est intéressant est de constater le nom du bureau où travaille Julia Roberts : "Competitive intelligence"...son acolyte travaillant carrément en sous-sol, dans une cave !

Et voila, certes le fait de m'imaginer espionne ressemblant à Julia Roberts et pouvant rencontrer des Clive Owen dans mon travail donne un certain côté glamour pas inintéressant, mais l'image de l'intelligence économique reste peu glorifiée. Attractive oui du fait du côté aventureux mais tout de même peu éthique et utilisant des méthodes d'infiltration, de récupération d'informations un peu douteuses, pratiquant fortement la désinformation...bref la déontologie et l'éthique sont...absentes !

Une vision romanesque, hollywoodienne, aventurière mais à 1000 lieux de ce que devrait être l'intelligence économique ! Dommage !

Emmanuelle Renson

source image : exposay.com

mardi 14 avril 2009

Atelier "IE et Marché chinois"

L'agence d'intelligence économique de Franche-Comté organise, le 20 avril prochain, à la Maison de l'Economie (CCI du Doubs), un atelier ayant pour thème "IE et Marché Chinois".
Cet atelier vise à renseigner sur:
  1. la préparation aux affaires avec la Chine;
  2. l'intelligence économique chinoise;
  3. les clés de la réussite dans les affaires avec les chinois.
Pour plus d'informations
Programme et carton d'invitation

Source: AIEFC

Georgine HAPIAK

vendredi 3 avril 2009

La loi Hadopi : une obligation de sécurité qui tue le logiciel libre ?

La loi Hadopi qui consiste, entre autres, à définir les sanctions et les modalités de celles-ci contre tout internaute téléchargeant du contenu protégé sur internet vient d'être adoptée par les députés (1). Elle indique que tout téléchargement illégal sera punit par une coupure de l'abonnement internet (1 mois à 1 an) après deux rappels à l'ordre (mail puis courrier recommandé). Au delà des différentes critiques sur la fracture numérique qui risque de s'amplifier (internet est devenu une des premières sources d'informations (2)), il est important de remarquer que ce n'est pas l'internaute en lui même qui est responsable mais bel et bien le propriétaire de la connexion internet. Ainsi, si votre connexion est piratée, ce qui peut être très rapide (3) en fonction du protocole utilisé, vous êtes tenu responsable des méfaits du pirate !
Pour parer à ce risque plus que réel, la loi prévoit des "mouchards" permettant de prouver sa bonne foi.
Il s'avère que ces solutions ne sont compatibles qu'avec des systèmes d'exploitation payants !!!
L'April (4) demande l'interopérabilité de ses systèmes, afin de les rendre compatibles avec Linux, et dénonce un projet de loi inacceptable.

Espérons pour les petits budgets, qu'il ne faudra pas pirater windows, pour être à l'abri des pirates de sa ligne internet !

mardi 31 mars 2009

Prix du pétrole brut : la plus grande augmentation mensuelle depuis juin dernier…

Hier, lundi 30 mars 2009, le dollar s’est affaibli de 8%, ce qui laisse perplexes certains « traders » du Moyen-Orient quant à l'appel des produits pétroliers.

Le pétrole brut a également augmenté dans les stocks européens et a ainsi « rebondi » de la plus grande baisse en quatre semaines. Il connaît alors un rétablissement dans la confiance du consommateur.

L'huile a augmenté de 8,8% ce mois-ci après que le ministre des Finances des USA, Timothy GEITHNER, ait dévoilé un plan de suppression des « capitaux toxiques » des banques.

Les « prix se stabiliseront autour de ce niveau là », selon Eugen WEINBERG, analyste à la Commerzbank de Francfort. « Nous avons trouvé plusieurs facteurs positifs ce matin renversant la récession d'hier, la valeur du dollar "Euro-USA" appuie cette stabilisation et les relations avec l’Europe sont amicales. »

Le pétrole brut a gagné 9% ce trimestre après avoir chuté de 56% les trois mois précédents. Le gain de ce mois était le plus grand depuis le bond de 9,9% de juin 2008.

Hier, le dollar US a chuté contre l'euro, tombant de 1,279 US $ / 1 € à 1,3165 US $ / 1 €. Une devise plus faible des USA amplifierait l'attraction des capitaux en dollar qui pourraient être employés pour se protéger contre l'inflation.

A la fin de ce mois de Mars 2009, on s’est aperçu que les réserves hebdomadaires de pétrole brut des USA avaient augmenté de 3,3 millions le stock de 356,6 millions de barils, le plus haut depuis juillet 1993 et 13% davantage que la moyenne pendant cette époque, selon un rapport du Département de l'Énergie datant du 25 mars 2009.

Sources :
  • Business Intelligence – Middle East (www.bi-me.com): "Crude oil rises, set for biggest monthly increase since June"
  • Bloomberg
  • Reuters
Florian INAUDI

3ème Forum International sur la Cybercriminalité le 24 mars 2009 à Lille : l’Intelligence Economique, moyen de lutte contre la cybercriminalité.

Mardi dernier, Michèle ALLIOT-MARIE, Ministre de l’Intérieur, de l’Outre-mer et des Collectivités territorialités, est intervenue à Lille à l’occasion du 3ème Forum International sur la Cybercriminalité. Cette manifestation, qui fut organisée par la Gendarmerie Nationale, et qui comptait près de 1500 participants, prônait le rôle de l’IE dans la protection de nos entreprises, de nos réseaux, de notre économie et de nos emplois.

Le 20 mars 2008, il y a un an, Madame Michèle ALLIOT-MARIE déclarait, à Marcq-en-Baroeul (Nord), les objectifs de la politique d'intelligence économique. Notre Ministre de l’Intérieur avait déjà, lors de cette 2ème Edition International sur la Cybercriminalité, défini la lutte contre « l'espionnage industriel par internet » comme enjeu national. Aujourd’hui, face à la recrudescence de ces menaces « sans frontière », Madame ALLIOT-MARIE insiste sur la nécessité d’une approche globale de l’IE fondée sur la coopération internationale. Elle souligne aussi l’importance d’adopter un « nouvel état d’esprit (…) renforçant le partenariat avec les entreprises ».

Ces dernières « sont un enjeu de la lutte contre la cybercriminalité. Elles doivent en devenir des acteurs à part entière ». Pour cela, elles devront s’armer d’IE pour devenir des acteurs importants de la vie économique. C’est pour cette raison que Madame la Ministre insiste sur l’importance des signalements des sites et contenus illicites sur Internet effectués via la nouvelle plate-forme nationale. De plus, afin d’harmoniser les efforts des pays de l’UE, une plate-forme européenne de signalement des infractions relevées sur Internet devrait être opérationnelle cette année.

Par ailleurs, la LOPSI(Loi d'Orientation Pour La Sécurité Intérieure) aura deux objectifs :
  • L’agrément des sociétés d’IE et de leurs dirigeants avec avis d'une commission consultative nationale.
  • La réduction des risques de trafic d'influence, en instaurant un délai de trois ans avant que les fonctionnaires civils et militaires, ayant exercé dans un service de renseignement, ne puissent exercer d'activités privées.

Il appartiendra par la suite aux préfets de faire suivre les mesures des plans triennaux d’IE dans leur région.

Sources :
Florian INAUDI

vendredi 27 mars 2009

L'année 2009: décisive pour l'open source?

Un article d’ITR news.com concernant l’Open source fait le point concernant les perspectives de développement de cette technologie. Il concerne, les prévisions faites en début d’année par Roger Burkhardt, CEO d’INGRES. Burkhardt a été pendant près de six ans vice-président exécutif et directeur technique du « New York Stock Exchange » (NYSE), il dirige désormais la société INGRES (logiciels de gestion de bases de données Open Source) implantée en Californie.
Il prévoit pour 2009 des perspectives très favorables pour les éditeurs de logiciels open source notamment du fait d’un contexte marqué par l’extension de la crise économique et financière. Les tendances pour l’année seraient donc :

-Augmentation du nombre de logiciels open source utilisés par les entreprises, du fait de la crise économique. Ceci étant du à l’absence de licence à acheter et au fait que ces logiciels diminuent les coûts des nouveaux projets. Ainsi INGRES annonce 25% de croissance du CA en 2008 contre 7 à 8% pour les éditeurs de logiciels classiques.
-Développement du système d’exploitation Linux et adoption croissante par les entreprises d’infrastructures (messageries, bases de données,…) et d’applications « open source ».
-Montée en puissance des solutions de « logiciels fournis sous forme de service ». Cela constituant un changement de modèle économique important puisque les entreprises passent de l’achat de logiciels à l’achat de services par abonnement.
-« Poursuite des fusions acquisitions de fournisseurs open source » avec rachat d’acteurs du logiciel libre.
-Accélération de la « Mutation du modèle économique » des éditeurs de logiciels propriétaires, les entreprises devant maîtriser leur budget « informatique ».
-Augmentation des partenariats entre éditeurs « open source » afin de proposer des « solutions globales complètes (…) de l’infrastructure matérielle et logicielle aux couches applicatives» pour les entreprises

Pour Roger Burkhardt, le modèle économique de l’Open Source, « sans coût d’investissement et sans surprise au niveau des coûts d’exploitation » devrait permettre de créer de nouvelles entreprises en maîtrisant les coûts. L’adoption de solutions Open source permettant aussi une diminution des frais générés par les services informatiques.

Les récents résultats flatteurs de « Red Hat » (open source) donnent du crédit à ces prévisions, le titre connaissant par ailleurs une spectaculaire augmentation de 17.33% lors de la séance de la Bourse hier (Jeudi 26 Mars 2009). L’essentiel du CA (625.6 Millions de $ en hausse de 25% pour 2008) étant réalisé dans le continent américain (67.3% contre seulement 17.7% pour l’Europe). La création de « dbConcert » par trois acteurs majeurs de l’open source (Ingres, Marketcetera, Pentaho) va de plus permettre de répondre aux attentes des clients en matière de « trading » en diminuant le coût du système pour les centres de Trading. Enfin une étude de l’INSEE vient confirmer la tendance pour la France en notant un « léger développement des systèmes d’exploitation libres ». Ces systèmes n’équipent cependant que 14% des entreprises d’au moins dix salariés qui ont un ordinateur en 2008 (+2% par rapport à 2007). A l’inverse, la moitié des entreprises d’au moins 2000 salariés ont un système « Open Source ». Il existe donc encore une forte marge de progression. De ce point de vue le développement de l’open source pour les systèmes d’exploitation de mobiles (téléphone portable) présente encore des perspectives favorables pour l’open source.
Ainsi une mutation majeure dans l’industrie informatique est en train de se produire sous nos yeux. Paradoxalement la crise économique actuelle devrait renforcer le développement de l’Open Source et ainsi permettre la création de nouvelles activités ainsi que de nouveaux services. L’enjeu est de taille en France, notamment pour l’équipement des PME et la création de nouvelles sociétés. Il existe donc une réelle marge de progression pour l’open source. L’année 2009 risque, in fine, d’être historiquement, celle d’un vrai basculement en faveur de l’open source, notamment du fait du contexte de crise internationale.

Florent MATTEI

RFID, traçabilité, circulation de l'information: Effets positifs de l'optimisation des "Supply Chain"

“You cannot measure what you cannot detect
You cannot control what you cannot measure
You cannot manage what you cannot control”
Cheng et Al. 1994 – Traceability in manufacturing systems

RFID est l’acronyme de Radio Frequency IDentification. En Français le terme utilisé est celui « d’identification par radio-fréquence ». La technologie est sophistiquée mais le principe en est simple. « L’étiquette » ou « tag », se compose d’une « puce » minuscule qui n’est pas autonome en énergie, associée à une antenne « bobinée ou imprimée » très réduite. L’ensemble est « éveillé » par un lecteur émettant un champs à basse ou moyenne fréquence. C’est le champs électromagnétique émis par le lecteur qui alimente la puce. Celle-ci exécute alors les programmes pour lesquels elle a été conçue . Tout un ensemble d’applications est possible, mais la plupart du temps ces puces sont « programmées » pour fournir des informations concernant le produit sur lequel elle sont implantées. Le document suivant illustre les grands types d’applications possibles de cette technologie en donnant un ordre de grandeur de la difficulté technique de l’intégration et des coûts.



Source : « Qu’est ce que la RFID »( http://www.maintag.com/pages/principesrfid.html )

Les applications sont multiples (télépéage, pass navigo de la RATP, emballages de produits, contrôle d’accès,...). Le coût de l’étiquette varie en fonction de la sophistication de la puce (les moins chères valant 0.1€).
La technologie est déjà ancienne puisqu’elle existe depuis que la R.A.F (Royal Air Force), l’a développée pour l’identification à longue distance de ses avions dans les années 50 (système ami ou ennemi). Le premier brevet ayant été déposé en 1969 aux Etats-Unis, c’est IBM, en 1990 qui est le premier à développer le « badge RFID ». Enfin en 2003 est créé le standard EPC intégrant les technologies RFID et internet » pour créer des réseaux de traçabilité. Dès 2005, Wal Mart, importante chaine de la « grande distribution » américaine adopte le système pour gérer l’approvisionnement de ses magasins.
C’est d’ailleurs dans le domaine de la logistique et de l’approvisionnement des unités de production que les application peuvent être les plus porteuses à l’avenir.
La SNECMA (groupe SAFRAN) vient ainsi de décider, de confier à une société l’étiquetage RFID des moteurs qu’elle construit afin d’assurer une traçabilité totale sur ses chaines de production. Cela permettant tout au long de l’assemblage à chaque technicien de disposer de toutes les informations le concernant (spécifications techniques, client destinataire,…). De plus, il s’agit de « tags » conçus pour durer plusieurs années et qui donc devraient ensuite faciliter la maintenance des appareils lors des visites d’entretien technique (informations fiables et rapides obtenues du produit lui-même à l’aide d’un simple lecteur).

Un autre exemple significatif concernant les effets positifs possibles des « étiquettes RFID » est celui de la filière bois, disponible sur le site internet de la chaîne « Euronews » .

Partant du constat que l’exploitation des forêts européennes n’est pas optimale avec la « perte » de vingt-cinq millions de mètres cubes de bois coupé, soit 10% de la production totale (ces derniers n’étant pas transformés en produit fini) des chercheurs ont essayé de développer des solutions innovantes. La technologie RFID fait ainsi l’objet d’études approfondies dans ce domaine. L’origine du problème est que l’identification du bois arrivant en scierie n’est pas claire, l’information n’étant pas transmise de façon optimale depuis le chantier de coupe. Ceci occasionne des déchets importants (non affectation du bois à la réalisation d’un produit).
Le gaspillage de l’ensemble de la filière serait ainsi du pour une bonne part à l’absence d’informations en continu sur le flux de bois alimentant les scieries. Ceci ayant des conséquences économique et environnementales importantes.
L’utilisation du bois pour entrer dans la fabrication d’un produit spécifique demande en effet des informations précises. L’enjeu en terme de traçabilité pour la filière est de savoir à quelle utilisation finale affecter un tronc d’arbre depuis le chantier de coupe. Un chantier expérimental en Suède utilise donc des puces RFID implantées au cœur des troncs d’arbres dès leur coupe avec un certain nombre d’informations (essence du bois, dimensions du tronc,…). Ces informations sont transmises via internet en direct aussi à la scierie.
Dans les prochaines années des « moissonneuses » pourront de façon automatisée couper le bois, en relever toutes les dimensions, et acquérir différentes informations sur sa structure afin d’implanter une étiquette RFID comportant toutes les données collectées en quelques secondes. Les puces RFID mises au point et opérationnelles sont entièrement en matériau naturel biodégradable et sont lues par scanner laser dans les scieries.

Le gain que représenterait l’adjonction systématique de puces RFID dans les troncs serait pour la filière bois très important . Cela permettrait une réelle optimisation de la gestion de la chaîne d’approvisionnement des scieries qui pourraient mieux adapter leurs objectifs de production par une meilleur connaissance de leur « matière première ». Cela permettrait aussi une gestion prévisionnelle et adaptée de la production (connaissance de l’importance du flux et des dimensions des morceaux de bois).

Cela permettrait aussi d’améliorer la gestion des stocks. L’enjeu est d’importance avec l’exemple donné d’une scierie française dont les stocks représentent 12 ha de superficie, 32.000 références, 22.000 mouvements par an. Sans opérations particulières, l’implantation d’un réseau RFID permettrait de connaître instantanément les informations stratégiques dont a besoin la scierie pour son approvisionnement (localisation de la pile de bois, ressource disponible et surtout qualité exacte de la matière première).
L’obstacle majeur, actuellement, au développement de la traçabilité dans la filière bois apparaît être, en pratique, le coût de la puce RFID biodégradable. Aussi la traçabilité passera-t-elle peut-être demain par le développement d’un marquage avec des « nanomatériaux ».

Quelle que soit la technologie qui sera choisie in fine (RFID ou marquage par nanoparticules distribuées au moyen d’encre) la traçabilité permettra un management des chaîne d’approvisionnement optimisé. Dans le cas de la filière bois, les gains économiques et environnementaux seront substantiels. Ce sera aussi le cas dans nombre d’autres secteurs d’activités, compte tenu de la grande diversité des application possibles de la RFID , ou des autres solutions techniques possibles émergentes. De nombreuses recherches sont ainsi en cours dans le domaine de la traçabilité dont le résultat sera d’accroître l’efficacité de la gestion de secteurs entiers de l’économie notamment du fait d’une optimisation du « management » de leurs « chaines d’approvisionnement ».

Florent MATTEI