mercredi 25 février 2009

Marché de la Veille où, en Sommes Nous ? 2eme partie

Aujourd’hui nous poursuivons notre exploration du marché de la Veille, en collectant les impressions d’un second professionnel du secteur : Antoine Montoux, consultant pour la société KB Crawl, fournisseur de logiciel de veille automatique sur internet.
Bonne Lecture,

Et si vous aussi vous désirez me faire part de vos commentaires et peut être faire l’objet d’un article sur notre blog n’hésitez pas à me contacter.

Y.R. Quelles ont été les principales évolutions du marché ces dernières années ?

A.M. « D’un point de vue global depuis 2002, on a pu constater une augmentation à la fois des budgets alloués à des activités de veille et du nombre de cellules mises en place. D’un point de vue qualitatif nous avons observé une évolution sensible des compétences et exigences des utilisateurs.

Concernant notre clientèle, nous sommes passés de prospects privés centrés essentiellement sur le secteur de l’industrie à une multitude d’acteurs évoluant dans des domaines divers, avec des besoins tout aussi variés. Aujourd’hui la nécessité de réaliser une activité de veille est entrée dans les mœurs des entreprises, même si le travail de sensibilisation est à poursuivre. De par la multiplicité toujours croissante du nombre de parties prenantes sur des marchés de plus en plus vastes, il est devenu vital de collecter l’information pertinente à des fins stratégiques.

Notre portefeuille de clientèle s’est diversifié au fil des années, il s’étend de la PME à des entreprises plus imposantes (nous sommes en relation avec près de la moitié des sociétés du CAC40). Mais nous collaborons également avec des structures publiques et parapubliques comme les CCI et un certain nombre de ministères.

Du point de vue interne à l’entreprise nous ne travaillons plus seulement avec les départements de documentation mais de plus en plus avec les services marketings, de R&D, Juridiques. Ce sont ces acteurs qui ont fait évoluer la nature des veilles mises en place. »


Y.R.Quels sont les types de veilles les plus répandues à l’heure actuelle et vers quoi tendons-nous ?

A.M. « L’activité de veille « originelle » était essentiellement axée sur une mise sous surveillance de la concurrence. Celle-ci constitue toujours la base des activités des cellules de veille. Néanmoins au fil des ans les demandes ont évolué, cela étant en grande partie lié à la mutation de la structure de notre clientèle et plus particulièrement des clients internes aux entreprises (Services désireux de développer une veille). Nous avons ainsi constaté une activité de plus en plus axée sur de la veille produit, de la veille technologique, sociétale etc. Mais depuis l’année dernière, la veille image explose, ceci étant lié avec le développement du Web 2.0. L’entreprise souhaite connaître quelle est son image sur internet non plus seulement au travers de la presse généraliste ou spécialisée mais via les Blogs, Forums, les Réseaux sociaux, etc. »

Y.R.Quelles sont selon vous les conditions principales au bon fonctionnement d’un projet de veille ?

A .M. «Le premier critère de réussite de l’implantation d’un projet Veille repose sur une parfaite définition du besoin de l’entreprise. C’est un aspect crucial qui va conditionner l’ensemble de la mise en œuvre et de la stratégie de développement. C’est à partir d’une définition claire des besoins de l’entreprise que le choix d’un outil adapté s’opérera. Outre le besoin fonctionnel, l’entreprise devra être parfaitement consciente que la mise en place d’un projet de veille induit des investissements humains, financiers, comme de temps. Parfois les besoins identifiés ne nécessiteront pas l’usage d’un outil spécifique.

Je souligne que le facteur humain est un élément majeur de la réussite ou de l’échec d’un projet. Le choix des personnes qui supporteront le projet doit être réalisé de manière consciencieuse et parfois il sera préférable d’externaliser l’activité de veille à un cabinet. D’ailleurs nous travaillons de plus en plus avec des cabinets spécialisés, qui utilisent notre solution. »


Y.R. Quelles sont les réticences que vous continuez d’observer ?

A.M. «Le premier élément reste le « nerf de la guerre ». Comme j’ai pu le dire, il faut être conscient que le développement d’une activité de veille suppose un coût financier. Pour développer une cellule de manière efficace il faut s’assurer d’être prêt à supporter des coûts humains, de temps mais également budgétaire. Là encore, en fonction des besoins les budgets ne seront pas les mêmes et l’échelle de prix est importante.

Le second point serait l’implication des services informatiques, ce qui n’est pas forcément une barrière mais un facteur à prendre en considération pour l’ensemble des éditeurs de logiciels. Il faut s’assurer que l’utilisateur pourra accéder aux services de l’entreprise à distance via son poste sans problème (ASP). D’un point de vue général, la sécurisation croissante des systèmes d’informations, peut éventuellement être un problème pour les utilisateurs des solutions que nous offrons : Difficulté d’accès à des Blogs etc. »
Enfin les résistances humaines sont toujours présentes, mais ont tendances à s’estomper.


Y.R. Une des réticences que j’aurais soulignées aurait été la difficulté d’évaluer le retour sur investissement d’un projet de veille.

A.M. «En effet, il n’existe pas de méthode préétablie d’évaluation du ROI d’un projet de veille. L’impact d’un tel outil sur le business d’une entreprise est difficilement mesurable du fait de l’aspect qualitatif du projet. Il faut dès lors se replacer sur des expériences concrètes suscitées par le projet de veille. Par exemple : l’un de nos clients, a pu au travers d’une veille sur des journaux locaux étrangers détecter une grève dans une usine de l’un de ses concurrents. Durant le déroulement de cette grève, notre client qui était devenu le seul fournisseur sur le marché ciblé a pu augmenter ses prix et accroître ses marges. Bien sur cela suppose un processus de prise de décision bien réactif. Ainsi grâce à de telles expériences on pourrait définir le manque à gagner si l’information ne nous était pas parvenue à temps».


Y.R.Quel est votre sentiment actuel sur l’évolution de la concurrence sur le marché ?

A.M. «Le nombre de fournisseurs croit sensiblement, mais tous ne se positionnent pas sur les mêmes segments. Certains vont offrir des services relatifs à la mise en place de plateformes de veille complètes, d’autres vont se concentrer sur de l’analyse sémantique, du crawling, des activités de cartographies etc. Au final certains se retrouvent en situation de concurrence, mais d’autres en situation de partenariat, avec des outils complémentaires : allant de la collecte au Dashboard final assurant une meilleure visibilité des informations recueillies.

C’est dans cette optique que nous avons développé différents partenariats avec des fournisseurs de logiciels de cartographies (Neotia), d’analyses sémantiques (Temis), de moteurs de recherche en entreprise (Polyspot) ou encore de gestions documentaires (Alexandrie).


Y.R.Que pensez vous des outils gratuits de veille ?

A.M. «Les outils gratuits sont souvent la première étape vers une veille « industrialisée ». Mais lorsque l’on désire mettre en œuvre une surveillance plus poussée et professionnalisée, avec des filtres plus fins, l’utilisation d’outils payant devient nécessaire. Les outils gratuits sont un premier pas mais présentent un panel de fonctionnalités souvent limité ».


Y.R.KB Crawl est une solution disponible dans de plus en plus de pays, quelles sont les différences dans l’approche de la veille que vous avez pu constater ?

A.M. «Notre marché se situe en grande partie en France et dans les pays francophones comme la Suisse, le Luxembourg, la Belgique ou le Maroc. Mais nous sommes également implantés au Canada, en Finlande et au Pays-Bas. L’été dernier nous avons ouvert un bureau à Londres afin de pénétrer le marché anglais.
La principale différence que nous pouvons établir avec les marchés anglophones, c’est qu’ils sont davantage consommateurs d’informations que de softwares. Ils se tourneront vers des cabinets d’études plutôt que d’adopter une solution qui nécessitera de la formation et du paramétrage.


Y.R.Quel impact aura eu la crise économique sur votre secteur d’activité ?

A.M. «Fin 2008 notre taux de renouvellement de maintenance était de 96%. On ne peut ignorer l’impact que la crise aura sur notre secteur. La difficulté se portera sur la conquête de nouveaux clients plus que sur le renouvellement des contrats de notre clientèle actuelle. Les budgets dédiés à la veille ne sont pas toujours prioritaires par conséquent en cas de coupes budgétaires, les ressources attribuées aux cellules de veille seront probablement impactées et les projets d’implantation de telles activités mis en standby.

Peut-être que les enseignements de cette crise feront dans l’avenir des activités d’Intelligence Economique des services piliers de l’entreprise, lui permettant de se prémunir de certains risques.


Y.R.Quelles seront les évolutions vers lesquelles tendront les futurs produits de veille ?

A.M. «La tendance majeure, c’est l’accès à l’information à tout moment et de n’importe où. On ne désir plus seulement accéder à ses informations à partir d’un seul et unique point, mais disposer d’une interface accessible par le web et qui nous permet d’accéder à nos informations à tout moment. Nous avons, pour répondre à ce besoin développé un portail web permettant à nos utilisateurs de consulter leurs news via internet.

La seconde tendance serait, la mise en place d’une veille environnementale. Cette préoccupation est croissante au sein des entreprises et est à relier avec l’importance que revêt la veille image.

Enfin, les futurs outils de veille devront permettre l’analyse de contenus autres que des
contenus textes. Je pense essentiellement à des vidéos afin d’étendre le périmètre de surveillance de chaque entreprise. On parle d’analyse du « Speech Text ». Aujourd’hui seuls les tags permettent de repérer une vidéo sur le web. Des technologies allant dans le sens du « Speech to text » sont en cours de développement, mais le travail à réaliser reste important.


Y.R. Pour conclure notre entrevue, pourriez-vous brièvement nous présenter la solution KB Crawl.

A.M. «KB Crawl est un outil de veille sur internet qui permet de collecter et filtrer automatiquement les informations ciblées en vue d’une exploitation stratégique. La solution permet de surveiller tout type d’information sur le web, en vue de la mise en place d’une veille concurrentielle, brevet, image, technologique, produits, clients etc.

Nous pouvons donc surveiller différents types de contenu sur le web : des PDF, du Rss, du DOC, le contenu des blogs et forums etc.
Nous travaillons avec tout types d’acteurs, privés comme publiques, avec des PME comme de plus grandes structures.

Nous lançons une nouvelle version de KB Crawl : KB Crawl 4. C’est une révolution plus qu’une évolution par rapport à KB Crawl 3 tant au niveau de la performance que des fonctionnalités. Une des particularités de cet outil est d’offrir une surveillance des sites en Arabe, en Chinois, Indien ou Russe. La seconde particularité repose sur le développement, d’un Software as a Service (SaaS). On peut ainsi accéder aux services de KB Crawl à distance via un server web sur demande du client.

Un autre avantage majeur de notre solution c’est que nous pouvons la coupler avec une multitude d’autres applications, car les informations collectées par KB Crawl peuvent être exportées en flux XML afin de fournir des informations à tout type d’outil.

« Nous invitons tous les lecteurs du blog à découvrir KB Crawl les 25 et 26 Mars à l’occasion du salon francophone B to B dédié à la gestion de l’information, de contenu et du document : « Documation » ou sur notre site Web.


N.B. : Cet article a fait l'objet d'une relecture de part du Service Communication de KB Crawl.

Yoann Rodriguez

dimanche 22 février 2009

Réaliser une veille dans l’industrie du luxe?

L’industrie du Luxe a toujours constitué un secteur à part. Aucune autre activité ne peut se targuer d’une telle santé (croissance à 2 chiffres depuis des années), et d’un tel prestige. Le luxe, semblait être « le » secteur intouchable, les précédentes crises n’ayant eu qu’un impact limité sur ses marges, ceci étant en grande partie du à la forte croissance des pays émergents.
Mais cette bulle qui flottait au dessus du marasme économique semble aujourd’hui être rattrapée par la Crise Mondiale.

Les ventes en 2009 devraient connaître une baisse de 4% selon le JP Morgan alors que durant les précédentes crises en 2001-2003, le secteur avait connu une croissance de 2% (tx change courant/ -7 % tx change constant). L’an prochain les fers de lance de l’industrie du Luxe seront confrontés à une baisse généralisée du marché Américain et Européen, ainsi qu’à une décélération de la croissance des pays émergeants (2 % au lieu de 15 % à 25 % habituellement) qui représentent 15% des ventes et une croissance de 10% en Chine (au lieu de 30 à 40%).
Le marché Japonais qui représente à lui seul 12 % des ventes, devrait connaître une chute de 7 %, selon l’étude de Bain & Co.

La contraction du marché sera certes à relativiser en fonction de l’évolution des taux de change et de plus, tous les secteurs du luxe ne seront pas impactés de manière symétrique. L’horlogerie devrait être le secteur le plus impacté: les exportations suisses dans ce domaine ont ainsi reculées de plus de 15% pour 2008.

LVMH le leader mondiale de l’industrie du luxe a perdu près de 44% de sa valeur boursière, tout comme ses principaux concurrents et a du remettre à 2010 l’ouverture d’un « Flagship » pour Louis Vuitton à Tokyo, qui devait être un nouveau symbole du prestige et de la puissance de la marque.

Néanmoins le monde de la mode n’est pas en crise ; enfin pas au sens où les autres secteurs l’entendent. Si les marges vont nécessairement se réduire, elles resteront élevées, puisque le cabinet Nomura prévoit la réalisation d’une marge de 18 % en 2010 pour LVMH, au lieu de 21 % en 2007.

Face à ce nouveau challenge économique, les maisons du secteur de l’horlogerie, joaillerie et autres accessoiristes du luxe, devront adapter leur stratégie. Les acteurs vont devoir adapter leur stratégie en gelant les prix de leurs produits, diminuant leurs stocks, procéder à des reports d’ouvertures de « Flagships »et probablement se recentrer sur leur cœur de métier. Sur un marché où la profitabilité et les actionnaires sont au cœur des objectives des « Maisons du luxe », la chasse aux coûts superflus devrait s’accroître.

Mais au-delà, de ces changements, nous devrions assister à une intensification de la concurrence. Intensification sur les marchés matures (Europe, USA, Japon), mais également sur les marchés émergents, notamment en Inde et Chine. Dans un tel contexte, il est fort probable d’être confronté à une concentration du nombre d’acteurs liée à des mouvements de fusions/acquisitions. Les liquidités dégagées au fil des ans par les Maisons, devraient permettre à certains « players » de racheter ceux qui souffriront le plus de la crise.
Dans un tel contexte, la mise en place de cellules de veille, apparaît comme une nécessité.
Mettre en place une veille, mais pour surveiller quoi ? Nous allons suggérer quelques pistes spécifiques dans la suite de cet article…

Une veille pour lutter contre l’industrie de la contrefaçon qui incarne le véritable fléau de cette industrie. Une contrefaçon qui au travers du web (et des sites d’enchères entre particuliers, tout spécialement) a su exploiter un nouveau canal de distribution.

Une veille sociétale afin d’adopter une démarche pro active relative à l’évolution des goûts des consommateurs. Même s’il reste à savoir si se sont les consommateurs qui influencent la mode ou si c’est la mode qui influence le consommateur ?

Une veille réglementaire qui facilitera leur implantation dans les pays émergeant disposant d’une législation fiscale, d’un droit sur la propriété intellectuelle, d’un droit du travail ou d’un code du commerce qui seront très éloignés des standards du droit européen.

Une veille Socio culturelle, car les critères de beauté, d’élégance et de raffinement sont différents d’une région à l’autre et il est vital d’analyser ces paramètres avant de se décider à s’implanter.

Une veille image afin de surveille le Buzz autour de son image de marque, qui constitue pour les Maisons l’essentiel de leur puissance de vente, puisque le client se reflète dans ce qu’il achète. La récente publication de WWF peut être un facteur non négligeable et avoir un impact critique et durable sur ces acteurs.

Une veille éco/risque pays qui permettra également d’évaluer la maturité du marché et les perspectives d’évolution. De même, une telle veille permettra d’obtenir des informations sur les partenaires potentiels, le degré de corruption et d’instabilité politique existante, chaîne de distribution adaptée, menace terroriste (même si ce dernier point renvoi davantage à de la gestion de risques, à la manière de la Coface).

Une veille concurrentielle, apparaît comme vitale afin de se tenir informé des nouveaux lancements produits (budget communication), des nouvelles implantations géographiques (pays émergeant), de nouveaux « Flagships », de possibles acquisitions ou encore au travers d’une veille brevets.

Avec l’émergence de ce nouveau contexte économique l’industrie du Luxe devra faire face à de nouveaux challenges et les systèmes de veille aujourd’hui disponibles lui permettront de réduire le degré d’incertitude qui frappe son environnement.

Bibliographie:

LVMH optimise sa veille mondiale avec Digimind Evolution, Digimind Corporate Website, 22/02/07.

Le WWF veille sur le Luxe, Les Quotidiennes, Chantal Savioz, 11/01/2009.

L'industrie du Luxe rattrapée par la crise, Les Echos, Source AFP, 21/12/08.

Worldwide Luxury Goods Market Growth Projected to Slow Substantially by end of year and head into recession in 2009, Bain & Company press release, 10/29/08.

Yoann Rodriguez

mardi 17 février 2009

Le guide de la maîtrise de l'information de la région de gendarmerie et de la CCI de Poitou-Charentes

La gendarmerie et la Chambre de commerce de la région Poitou-Charentes ont élaboré un guide pratique de la maitrise de l'information. Ce guide destiné aux entreprises permet d'identifier ses besoins d'information, d'être informé, de bien protéger son entreprise, etc.
Un questionnaire d'autodiagnostic est également proposé aux entreprises afin de déceler leurs points faibles en matière de sécurité économique.

Pour en savoir plus:
L'information maitrisée: pourquoi et comment? (pdf)
Pour bien protéger votre entreprise... quelques points clés à observer(pdf)
Le questionnaire d'auto-diagnostic (pdf)

Source: "L'intelligence économique en Poitou-Charentes au service des entreprises"
Dalila Nemiri

mardi 10 février 2009

Quels sens à la crise mondiale actuelle?

L'université Inter-Ages de Nice organise le mercredi 18 février 2009 au centre universitaire méditerranéen une conférence où Claude REVEL répondra à la question: "Quels sens à la crise mondiale actuelle?".

Il s'agira de mieux comprendre les significations de cette crise et la défaillance des mécanismes de pouvoir, d'évaluer l'impact de cette crise et les avenirs possibles et de comprendre le rôle de l'Intelligence Economique dans une nouvelle gouvernance.

Directrice Scientifique du Mastère Spécialisé "Management Stratégique de l'Information et des Connaissances" du CERAM Business School, Claude REVEL est l'auteur de nombreux ouvrages et publications, elle est l'une des pionnières de l'intelligence économique et de l'influence professionnelle en France. Claude REVEL est aujourd'hui reconnue et consultée comme experte des relations internationales pour les acteurs économiques.

Dalila Nemiri

Source:
"La CCI Nice Côte d'Azur"

samedi 31 janvier 2009

Prometheus publie le baromètre 2009 de transparence des ONG

La fondation Prometheus vient de publier pour la deuxième année le baromètre de transparence des ONG.

Source
"Le baromètre 2009 de transparence des ONG"

Dalila Nemiri

Bienvenue à la Revue Internationale d'Intelligence Economique R2IE

R2IE est une revue internationale d'intelligence économique dont l'objectif est de promouvoir l'intelligence économique sous ses différents aspects.
Le premier numéro est prévu pour fin février, il "sera organisé autour de trois thématiques: l'intelligence économique territoriale, les stratégies d'influence sur internet et quelques éléments de méthodologie en IE".

Source: le site internet de R2IE.

Dalila NEMIRI

lundi 29 décembre 2008

Elle courait, elle courait la rumeur...

Il me semble qu'aujourd'hui les médias représentent le premier pouvoir. Ces derniers bercent les populations au son de réussites incroyables, de guerres atroces (mais qui sont loins de nous) ou d'histoires diverses improbables, ordinaires ou fantastiques permettant d'endormir la majorité de la population. Ainsi il va de soi que dans le domaine de la "rumeur", ragots, colportages, les médias sont un moyen de communication des plus efficaces.

Les revues et émissions TV "people", internet, mais aussi les shows d'informations, lors de la campagne présidentielle de 2008 furent rassasiés à leur faim. Un noir dans la course, qui plus est nommé Barack "Hussein" Obama, le deuxième nom restant évocateur de plusieurs idées dans la tête de certains américains...
Ce qui a semblé faire le plus peur aux Américains fut sans doute l'éventualité que leur futur président soit musulman. La question à se poser alors n'est pas réellement est-ce que Barack Obama est musulman mais plutôt quelles conséquences si il l'avait été ? Cela aurait-il dû changer quelque chose ?

Le fait est que sur le site "youtube" une multitude de vidéos furent postées par les détracteurs du candidat pour apprendre LA Vérité sur ce dernier aux internautes !
A tel point que pour la première fois dans une élection présidentielle, un site internet fut crée pour démanteler ces rumeurs et rétablir les "faits" : sont indiqués les faits à propos des croyances du candidat ou les faits par rapport au patriotisme de Michelle Obama qui avait été mis à mal par la presse...
Le mieux est encore d'aller vous faire une idée par vous même en allant sur le site dont l'adresse est la suivante : fightthesmears.com.
En plus voici l'accès à quelques autres petites vidéos sélectionnées sur Youtube étayant cet article.

Pour conclure, je dirai simplement qu'il me semble en fait nécessaire d'être le plus vigilant possible par rapport à cette masse exponentielle d'informations que nous trouvons dans les médias, notamment télévisuels.

Emmanuelle Renson

lundi 22 décembre 2008

Simplification des règles en matière de brevets d'invention et de marques

L'ordonnance n°2008-1301 publiée au Journal officiel du 12 décembre relative aux brevets d'invention et aux marques vise à améliorer les procédures de délivrance et d'enregistrement des titres de propriété industrielle et rend conforme le droit interne au traité sur le droit de brevets. Cette ordonnance fait suite à la loi de modernisation de l'économie, elle instaure trois changements.
  1. Simplification de l'attribution de la date de dépôt de brevet: la remise de la description de l'invention permet à elle seule l'attribution d'une date de dépôt de brevet et les revendications du déposant peuvent être fournies ultérieurement.
  2. Suppression de la possibilité de requérir un rapport de recherche différé: la disposition permettant de différer le paiement de la redevance de rapport de recherche au bout de dix-huit mois est supprimée.
  3. Recours en restauration pour le non-respect du délai de priorité: la procédure de délivrance d'un brevet contient de nombreux délais qui, s'ils ne sont pas respectés peuvent entraîner la perte des droits du déposant. Si le non-respect du délai peut être justifié, le déposant peut être rétabli dans ses droits.
Pour plus de détails, le rapport fait au Président de la République.
le site internet de l'Institut national de la propriété industrielle

Dalila NEMIRI

lundi 15 décembre 2008

Création d'un "conseil économique de sécurité"

Lors de l'ouverture du sommet européen de la sécurité privée, la ministre de l'Intérieur, Madame Michèle Alliot-Marie a annoncé la création d'un"Conseil économique de sécurité"chargé de lui faire des propositions en vue d'une approche globale de la sécurité.

Il s'agit d'un outil de "prospective pour savoir quel niveau de sécurité assurer à la France et dans quelles conditions", a souligné la ministre, pour "davantage de cohérence dans les démarches de sécurité".

Ce conseil est composé de sept membres : Alice Guilhon Le Fraper du Hellen, directrice générale du CERAM (école de commerce et de management), Alain Juillet, Haut responsable chargé de l'intelligence économique, Guillaume Pépy, président de la SNCF, Pierre Giacometti, conseiller en communication et ancien directeur général de l'institut Ipsos France, Maurice Lévy, président du directoire de Publicis Groupe, Bernard Spitz, président de la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA) et de Laurent Collet-Billon, délégué général pour l'armement au ministère de la Défense.

Pour en savoir plus/source:
"Alliot-Marie crée un "Conseil économique de sécurité"" - news AFP via lemonde.fr

Dalila Nemiri

samedi 13 décembre 2008

L'intelligence territorriale: des concepts à la réalisation pratique (origine, objet, méthode)

«… dans de nombreux pays se développe une nouvelle organisation des systèmes productifs qui recherche dans la coopération entre les entreprises et les territoires, de nouvelles marges de progression… »
D.A.T.A.R (Etude prospective sous la direction de Daniel Darmon), La France, puissance industrielle – une nouvelle politique par les territoires (Réseaux d’entreprises, vallées technologiques, pôles de compétitivité), Paris, Premier Ministre – D.A.T.A.R, 2004, 132 p.

Cette citation extraite d’un rapport de la D.A.T.A.R de 2004 définit, d’emblée, bien l’enjeu de la politique publique d’intelligence territoriale menée en France. Une série de rapports, dès les années 2003-2004 (Rapports de M.Blanc, M.Beffa, de la D.A.T.A.R,…) établit la nécessité de repenser l’action publique en matière développement économique en définissant une « méthode » de travail : partir du « concret », de ce qui existe comme potentiel humain et industriel sur un territoire donné pour apporter une aide efficace afin de soutenir l’activité économique du pays tout entier. Le Préfet Pautrat dans une autre note sur la politique publique d’intelligence territoriale précise celle-ci dans la perspective de la mise en place d’une « économie de la connaissance » (PAUTRAT Rémy (Préfet -H-, Délégué général de France Intelligence Innovation), La politique publique d’intelligence territoriale : vers l’Etat stratège et partenaire, Note de synthèse du ministère de l’intérieur, 2005, 6p.). D’après lui « …on peut définir l’intelligence territoriale comme la valorisation et la coordination des points forts des différents territoires et de leur tissu de P.M.E/P.M.I afin de les transformer en atouts décisifs dans la compétition commerciale européenne et mondiale… ». Il ne s’agit donc plus d’aider «de façon sectorielle» un type particulier d’activité ou bien d’intervenir ponctuellement sur une zone géographique précise « économiquement sinistrée ». La démarche est toute autre, elle s’appuie autant sur l’étude de travaux théoriques (notamment ceux de Porter sur les « clusters ») que sur une analyse comparative des dynamiques territoriales de succès existant dans d’autres pays (Etat-Unis, Finlande, Espagne, Italie,…). L’ambition est d’identifier les « ressources » au sens large (moyens de production, facteur humain, centres de formation et de recherche,…) existant dans un espace géographique donné afin de permettre une organisation en réseaux du territoire, facteur décisif de compétitivité (idée développée notamment dans le rapport de M.Blanc) (BLANC Christian (Parlementaire en mission - Rapport au Premier Ministre), Pour un écosystème de la croissance, Paris, La documentation française, 2004, 81 p.). En définitive tel que l’a défini tout récemment M.Pautrat dans un article de Juin 2008 de « Construire », « …Favoriser des partenariats entre les entreprises, les centres universitaires et les collectivités locales, s'affirme capital. (…) c'est précisément le rôle central de l'État stratège en matière économique et industrielle …». L’ « Etat stratège » (notion fondamentale) doit cependant déterminer l’échelon « politico-administratif » de réalisation concrète de ses actions.

De ce point de vue, force est de constater deux choses. En premier lieu, du fait de l’histoire politique de la France, la « compétence » juridique en matière de développement économique est « partagée » entre l’Etat, les Régions, les Départements, les Intercommunalités et les Communes, sans compter les aides européennes en la matière. D’autre part il est rare que l’activité économique corresponde avec les cadres « politico-administratifs » précédemment définis car elle s’est développée suivant sa propre logique. Une fois ce constat dressé, il est aisé de comprendre l’enjeu de la politique d’I.T menée actuellement : amorcer une profonde réforme de notre structure politico-administrative de façon à accompagner territorialement l’activité économique. Ceci permettant d’organiser la nécessaire proximité du politique et de l’économique, que Charles De Gaulle avait souligné dans ses « Mémoires d’espoir », écrivant « La politique et l’économie sont liées l’une à l’autre comme l’action et la vie ».

C’est dans cette optique que doit être appréciée l’action de la « Mission Blanc » (secrétaire d’État chargé du Développement de la région capitale). L’objectif assigné par le président de la République Nicolas SARKOZY s’inscrit précisément dans cette démarche : «La vision doit précéder le projet, et le projet doit conduire au choix de l’organisation et de la gouvernance» (Lettre de mission de Christian BLANC du 7 Mai 2008 (pdf)). La lettre de mission souligne la nécessité de travailler avec tous les niveaux de responsabilité et de compétence (Etat, Région, Conseils généraux, communes,…) et l’objectif ultime : « l’invention d’un nouveau mode de gouvernance et de financement ». Dès la conférence du 13 Mai 2008, le secrétaire d’Etat en mission, Christian Blanc (Point presse du 13 Mai 2008 de Christian Blanc) définissait de façon pratique deux réalisations concrètes prioritaires qui illustrent la vigueur de la volonté d’action territoriale de l’Etat:
  1. la création d’un cluster technologique et scientifique d’envergure mondiale sur le Plateau de Saclay au Sud
  2. l’aménagement de la Plaine de France au Nord-est
De la rapidité de mise en action de la politique définie par le Président de la République, au cours des prochains mois (dans une conjoncture économique qui risque d’être plus défavorable), dépend une grande part du dynamisme et de la prospérité de notre pays pour la décennie à venir. Ainsi que l’ a fort bien dit R.Dautry (Ministre de l'Armement du 20 Septembre 1939 au 16 Juin 1940) en d’autres temps troublés « L’avenir sera fait non de nos souhaits et de nos pronostics mais de notre volonté et de nos actes » (« Raoul Dautry, du rail à l'atome », Vladimir Halpérin, Fayard 1997).

Florent Mattei